I am Marion Dutoit

Marion Dutoit est paysagiste de formation, sortie de l’école Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, en 2004.
Depuis 2010, elle construit des installations dont le point d’inspiration est le paysage, sous ses différents traits, spatiaux et humains.
En 2010, elle édifie un mur d’eau coloré de 30 m de long sur 2 m de haut, fait de l’eau de vidange d’une piscine et avec l’aide de 400 personnes de tous horizons (scolaire, réinsertion, handicap…), cela donnera le ton de son travail d’artiste : « la réussite de notre écosystème repose sur la chaîne de nos actions. »

Son modèle est végétal, elle opère avec observation et résilience pour parvenir à une œuvre collective monumentale, emprunte de la fragilité des hommes.

Toujours sur un mode collaboratif et inclusif, Marion Dutoit a lancé un mouvement de jardinage sur les toits du Havre, s’appuyant sur la modernité de l’architecture Perret.
Elle conçoit avec Florian Delon un poulailler caravane pour la friche du Fort de Tourneville à la faveur des quartiers populaires, ce qui l’amènera à une étude de programmation sur les aménagements créatifs pour le lancement de la saison Un été au Havre 2017.
En collaboration avec l’artiste Stéphanie Buttier elle réalise l’Atelier des Drapeaux à Grugny pour l’EHPAD départemental de Grugny, ou encore un grand projet de sculpture et de jardin sur l’Unité de Soin Longue Durée des Terrasses Flaubert, au Havre. Ici, les œuvres ont pour point commun de concentrer sur un dispositif monumental un processus lent, très fragile et mémoriel, qu’il soit de couture ou de modelage.

Son approche artistique, notamment avec des publics en marge intéresse l’Institut de Formation des Éducateurs Spécialisés de Normandie, pour lequel elle crée des dispositifs de création courts, pour la cohésion des équipes et l’apprentissage d’un art contextuel.
Elle entre en résidence dans des lieux très divers : de l’école maternelle à la maison de retraite en passant par l’École nationale Supérieure du Paysage de Versailles, sur des dispositifs comme les Rendez Vous au Jardin, Triptyque de la DRAC, ou encore sur les invitations du BAL, du Centre Photographique de Rouen ou du Centre d’Art de Gwinzegal à Guingamp.

Sa résidence au Lycée agricole du Neubourg est décisive pour elle. Elle met en place un projet de céramique, partageant avec de futurs agriculteurs et mécaniciens agricoles la matière première nourricière : la terre.
De cette résidence, Personnages Paysages, émerge un sentiment animiste et un regard poussant à l’empathie en toute chose. Elle crée une œuvre agricole où apparaissent les animaux, sujet d’inspiration et moteur d’une réflexion qui peut enfin s’étendre. La photographe Karolina Samborska l’accompagne dans ses créations et enrichit le sens de son œuvre, remettant sa sculpture hors socle, dans un dialogue rapproché avec le paysage.
Si d’abord ses installations sont éphémères, parce qu’elle croit en la nécessité du renouvellement et en la nécessité d’une économie circulaire, même dans l’art, l’apprentissage de la céramique l’interroge sur la trace, et la mémoire de nos gestes.

En parallèle, elle travaille pour des marques de luxe, à la conception et réalisation d’objets sculpturaux : un récit de voyage pour la boutique Caravane à Paris, des sculptures en tressage de rotin pour Kenzo Paris et la Chine, du mobilier pour Céline, une jungle de papier pour Bonpoint… etc. Dans ces opérations, les temps de réalisation, la rigueur de et la technicité d’exécution sont des défis créatifs.
Les problématiques alimentaires n’étant jamais loin du paysage, elle collabore avec ENOFI, consultant en gastronomie fine, elle intervient comme conseil sur des problématiques d’aménagement, d’identité visuelle ou de programmation.

Aujourd’hui elle développe son savoir faire en céramique sur la création de mobilier et de sculpture qui resitue son art au sein des jardins et des villes, en collaborant avec ses pairs, paysagistes et architectes.
Au moment où sa démarche s’introvertie par des créations plus solitaires, elle confronte son art à de nouveaux champs, comme l’image avec la photographe Suisse Delphine Burtin ou Karolina Samborska, ou la littérature avec Philippe Ripoll, et bientôt le théâtre avec Maroussa Leclerc avec le projet Alambic, La mécanique des Fluides, à l’EHPAD de Bracieux.